On nous a menti

Neuvième jour de grève de la faim à Embrun.

Ossoul me raconte en anglais.

Physiquement, je suis très fatigué, j’ai des maux de tête permanents, mal dans tout le corps, à cause de la privation de nourriture. J’ai déjà été deux fois à l’hôpital et j’ai fait une échographie dont j’aurais les résultats demain.

La nuit je n’arrive pas à m’endormir à cause des douleurs et le matin je me réveille très tôt parce que je réfléchis sans cesse. Je pense à ma situation.

Qu’est-ce que je peux faire ? C’est une situation terrible pour moi.

J’ai encore de l’espoir, mais à moitié seulement. Parce que le Préfet aurait le droit de nous aider mais il ne nous aide pas. Il nous envoie au juge, à Marseille. Mais j’espère que le juge décidera de nous laisser rester ici.

A Paris, avant de monter dans le bus, ils nous ont dit que tout se passerait bien, que nous ne serions plus sous la procédure de Dublin, de ne pas nous inquiéter.

Nous sommes venus et avons passé presque six mois ici et maintenant ils nous demandent de partir, ils n’ont rien fait de nouveau.

Ils nous ont promis puis ils nous ont menti.