France Italie Briançon migrant réfugié grève de la faim préfet hautes alpes

Laissez-nous vivre ici

Au nom de Dieu miséricordieux.
Je suis venu demander la protection dans ce pays, la France.
Bien évidement j’ai fui les grands problèmes du Soudan en frôlant la mort.
D’abord traverser le désert. Dans ce désert nous avons marché plus d’un mois, accompagnés par la faim et la soif.

Lorsque nous sommes arrivés en Libye,  nous nous sommes dit : « Enfin, la vie ! » Mais en Libye la vie était trop dure, des gens voulaient nous tuer, nous n’avons pas pu vivre dans ce pays ni supporter ses guerres. Nous avons compris notre déception : notre vie n’était pas dans ce pays.
Nous avons pris la route de la mer et nous nous sommes dit qu’il fallait fuir en Europe pour vivre, quitte à flirter avec la mort.

En arrivant en Italie, nous avons troqué notre liberté contre nos empreintes. Ils ont pris nos empreintes et nous ont jetés dans la rue. Nous sommes restés environ un mois dans les rues d’Italie. Nous avions faim et nous fouillions les poubelles pour manger, nous étions épuisés, il faisait froid.

Nous avons quitté l’Italie et sommes enfin arrivés en France.
Aujourd’hui, après six mois passés ici, à Briançon, on veut nous renvoyer en Italie. C’est difficile d’entendre ces paroles et nous sommes incapables de retourner là-bas. Si nous y retournons…

Laissez nous vivre dans les rues de France, elles sont bien meilleures que les rues d’Italie. Comment, retourner en Italie? C’est mieux de nous laisser ici.

Si l’on me renvoyait, je serai prêt à remarcher trois jours le long de la voie ferrée pour revenir car je ne peux pas vivre là bas. Laissez moi vivre ici !