Ma vie ne compte pas

Troisième nuit de grève de la faim à Briançon, il est 23 h.

Plusieurs grévistes ont refusé de voir les pompiers envoyés par le Préfet.

Nous discutons avec Anouar, Abdel et Adama, en Français.

-Pourquoi tu fais la grève de la faim Anouar ?
Je ne suis pas tranquille. De toute façon, je n’arrive pas à manger, je ne peux plus boire. Alors finalement faire la grève de la faim, ça ne change presque rien… C’est là où j’en suis.
Nous sommes restés 7 mois ici, nous avons cru à une nouvelle vie possible. La MJC de Briançon s’occupait de tout pour les papiers et demandes d’asile mais aujourd’hui nous devons repartir.

Nous voulons reprendre les choses en main pour ne pas être renvoyés en Italie.
Nous voulons commencer une nouvelle vie en France.

– Qu’est ce que tu espères Abdel ?

Que le préfet nous entende et nous permette de rester ici. On veut demander l’asile en France.

-Pourquoi tu as refusé de voir les pompiers ?
Je ne veux pas qu’on s’occupe de ma santé. Je ne veux pas qu’on s’occupe de mon corps, alors que ma vie ne compte pas ici. Je ne veux pas qu’on s’occupe de mon corps si on ne s’occupe pas de mon cœur.