Trouver le sourire dans ma vie

Quatrième nuit de grève de la faim.

Adama se souvient de son arrivée à Briançon en bus, il y a sept mois.

Nous ne savions pas où nous allions. Juste une ville qui s’appelle Gap ou Briançon, dans les Hautes-Alpes. Nous sommes arrivés à Briançon vers 1 h 30 du matin en novembre. Nous avons rencontré tout le monde. Le maire, l’association, la sous préfète, la MJC. Ils nous ont dit bienvenus. Ils ont dit qu’ils allaient nous aider et nous ont offert l’hospitalité. Ils ont fait l’impossible pour nous. La MJC qui s’occupe du CAO a dit qu’elle s’occupait des papiers, des demandes d’asile. Nous avons trouvé un endroit pour vivre bien. Nous avons pris des cours de français et fait des activités.
Après 7 mois, le Préfet nous demande de partir en Italie. Pourquoi il nous a fait attendre 7 mois pour ensuite nous demander de repartir ? Pourquoi ne pas nous le dire tout de suite ?

Pourquoi avoir dit « bienvenus » et maintenant « partez » ? C’est jouer avec nos vies.
Dans nos pays, il y a la guerre partout. Mais en Europe, il y a une guerre psychologique contre nous.
-Pourquoi tu fais la grève de la faim ?
Moi je ne suis pas important, ma vie n’est pas importante. Je viens du Darfour, partout j’ai trouvé la guerre, je n’ai jamais pu trouver le sourire dans ma vie.