Abattu

« Je ne comprends pas que le préfet ne veuille pas nous recevoir. Nous avons fait tellement de chemin pour venir jusqu’à lui. Et qu’il refuse de vous recevoir vous, ses propres citoyens ! C’est impossible ! »

Idir continue :

« Je suis abattu. J’étais tellement sûr qu’il nous recevrait. Que nous pourrions enfin lui parler. Je n’ai jamais pensé qu’il pourrait refuser de nous voir, de nous entendre. Il n’imagine pas quelles sont nos vies. S’il parvenait un seul jour de sa vie à se mettre à notre place, vraiment, en essayant de ressentir tout ce que nous pouvons ressentir, en essayant de comprendre tout ce que nous vivons, et bien ce jour-là changerait sa vie pour toujours, le préfet deviendrait un autre homme. »

 

Il y a trois mois, nous avons réalisé un film court pour lui demander de leur accorder un rendez-vous. Il n’a jamais répondu à notre appel.

Dans ce film, Adam s’adressait ainsi au préfet :

 » Je suis le Réfugié. C’est le premier mot qui me caractérise n’est-ce pas ? Réfugié !

Si j’ai des droits et que j’y prétends, accordez-les moi.

Ma vie dépend de vous, ou plutôt elle est entre vos mains. 

Me voilà, je suis venu vers vous, soumis, portant le drapeau blanc, cherchant une vie décente, l’humanité, la fraternité et la liberté.

Accordez-moi tout cela.

Je vous en prie, permettez-moi de vivre, accordez-moi de l’espoir, garantissez-moi la vie. »