Le slam de Matteo

Matteo est un exilé arrivé à Briançon en plein hiver. 

Après avoir été accueilli au refuge d’urgence puis Chez Marcel (autre lieu d’accueil des migrants dans le briançonnais), ce jeune poète s’est lié d’amitié avec un troubadour venu avec sa troupe proposer des activités théâtres/chants et dessins aux migrants de Briançon.

Suite à cette belle rencontre, Matteo est parti s’installer chez cet artiste qui lui a proposé de l’aide et un hébergement dans le sud de la France.

Avant de partir, Mattéo a accepté de partager deux de ses textes.

Si vous souhaitez échanger avec Matteo, voici son Facebook : seniko de palerme

 

MON VECU

2 mars 2018

Genre musical : Punchline

Chaque fois que je perds un membre c’est une photo de famille qu’on m’ampute

J’aime pas les faux sourires, je préfère les franches disputes

J’ai grandi sans mère moi, je suis un enfant noyé

Refrain :

J’ai vu ce monde debout du chemin, j’ai jamais su hisser les voiles, les temps sont durs on verra demain

J’ai vu ce monde debout du chemin, j’ai jamais su hisser les voiles, les temps sont durs on verra demain.

 

De nos jours les gens ont peur de nager à côté de ceux qui se noient. Ma mère m’a toujours dit « mon fils risquer la mer c’est réussir trois fois »

De héro à zéro est une chose qu’on a toujours rêvée quand tu viens d’une famille pauvre.

Ma grand-mère était pauvre, ma mère n’était pas diplômée, je voyais ma mère baisser la tête devant la boutique Apple

Refrain :

J’ai vu ce monde debout du chemin, j’ai jamais su hisser les voiles, les temps sont durs on verra demain

J’ai vu ce monde debout du chemin, j’ai jamais su hisser les voiles, les temps sont durs on verra demain.

 

Comme un homme qui se noie, je préfère mourir en silence. Comme le parcours d’un migrant ma vie a fait du chemin.

Aujourd’hui à Briançon, je me sens heureux, je me sens grand même si être grand ne veut pas dire mesurer deux mètres. Briançon est une ville merveilleuse, les gens sont cools, sympas, les gens sont accueillants, les gens ont un cœur. La couleur de peau n’existe pas.

Merci aux Briançonnais, merci aux bénévoles, merci au refuge CRS, merci à Marcel pour l’accueil réservé aux migrants.

Briançon mon fils portera ton nom, merci à la France.

Refrain :

J’ai vu ce monde debout du chemin, j’ai jamais su hisser les voiles, les temps sont durs on verra demain

J’ai vu ce monde debout du chemin, j’ai jamais su hisser les voiles, les temps sont durs on verra demain.